
En 2026, la sécurité privée en France et en Europe bascule vers une logique « résilience + convergence » : convergence sûreté / sécurité incendie / cybersécurité / continuité d’activité, pilotée par la donnée (capteurs, vidéo, contrôle d’accès, IoT) et renforcée par l’IA (détection d’anomalies, priorisation, comptes rendus). Les investissements technologiques se concentrent sur l’analytique vidéo IA, les plateformes unifiées (PSIM / SOC physique), la supervision à distance, la cybersécurité des environnements industriels (OT), les drones & anti-drones, et les robots rondiers autonomes. Le cadre réglementaire européen se durcit (NIS2, CER, AI Act), incitant les sites sensibles à professionnaliser leurs dispositifs, à tracer leurs décisions et à mieux encadrer les risques. (EUR-Lex)
Les dirigeants de la sécurité privée – PDG, directeurs d’exploitation – font face à une problématique qu’ils connaissent bien : protéger davantage de surfaces, plus longtemps, avec des équipes sous tension et des menaces hybrides et évolutives. Sur le terrain, les opérateurs vivent la même réalité : des environnements plus vastes, des attentes plus élevées, et une tolérance au retard d’intervention proche de zéro.
Le sujet n’est plus uniquement “intrusion / malveillance” ou “cyber” : c’est l’intersection des deux. Les attaquants savent que le monde physique est désormais piloté par du numérique : badges, portiques, caméras IP, VMS, systèmes incendie connectés, automates industriels, capteurs, réseaux privés, etc. Les rapports publics de référence confirment cette pression : l’ENISA documente un paysage européen dominé par l’exploitation rapide de vulnérabilités, le ransomware et une complexité croissante des chaînes d’attaque. (enisa.europa.eu)
Côté France, l’ANSSI continue d’observer des attaques à visée d’extorsion et d’espionnage, ainsi que des actions de déstabilisation portées par des logiques hacktivistes. (cyber.gouv.fr)
En Europe, NIS2 pousse de nombreux acteurs (directement ou via leurs donneurs d’ordres) à formaliser la gestion des risques, les incidents, la sécurité de la supply chain. (EUR-Lex)
En parallèle, la directive CER (Critical Entities Resilience) met la focale sur la résilience opérationnelle et physique des entités critiques face à des menaces allant des catastrophes naturelles aux attaques et menaces terroristes. (EUR-Lex)
Conséquence très concrète pour la sécurité privée : les clients demandent moins “des heures de surveillance” que des résultats mesurables : couverture, temps de levée de doute, traçabilité, procédures, preuves, conformité.
En 2026, les achats technologiques visent le rendement opérationnel : réduire le bruit, accélérer la décision, documenter l’action, et sécuriser les systèmes.
a. Vidéosurveillance augmentée par l’intelligence artificielle
La vidéo reste le capteur roi… à condition de traiter le volume. Les investissements vont vers :
Mais le contexte réglementaire impose une discipline : l’AI Act encadre fortement certaines pratiques (et a déjà rendu effectives des interdictions sur des usages jugés inacceptables). Les jalons et l’orientation générale sont rappelés par les canaux officiels européens. (Stratégie numérique européenne)
Donc, en 2026, on voit monter une IA “utile” (anomalies, sécurité industrielle, sûreté périmétrique) et reculer une IA “risquée” (certaines formes de biométries en espaces accessibles au public, usages non proportionnés).
b. Hypervision / PSIM : un “cockpit” unique pour décider vite
Les donneurs d’ordre attendent une exploitation plus structurée : moins de silos, plus de cohérence.
C’est souvent l’investissement qui “débloque” le ROI des autres briques.
c. Cybersécurité des systèmes de sûreté et des environnements industriels OT
La caméra IP et le badge lecteur ne sont plus “hors scope IT”. On investit dans :
L’impulsion est autant opérationnelle que réglementaire, portée par la dynamique NIS2 et la montée des attaques observées. (enisa.europa.eu)
d. Drone et anti-drone : détection et procédure
Le drone devient une réalité opérationnelle : reconnaissance, repérage, perturbation.
Les investissements se concentrent sur :
Ce sujet est moins “technique” qu’organisationnel : la valeur vient d’une réponse maîtrisée.
e. Connectivité robuste et edge computing
Beaucoup de projets échouent à cause d’un détail : la couverture réseau.
En 2026, on budgète davantage :
C’est le socle invisible qui rend le reste fiable.
f. Robots rondiers autonomes
En 2026, les robots rondiers deviennent un investissement à part entière, pas un « bonus innovation ». Leur valeur se joue sur l’exploitation : présence mobile, rondes standardisées, levée de doute, collecte de preuves (vidéo, thermique, événements horodatés) et remontée d’alertes contextualisées vers le PC sécurité ou la télésurveillance.
Pourquoi 2026 est un point d’inflexion dans l’intégration des robots de surveillance autonomes ? Plusieurs tendances convergent :
À l’échelle mondiale, les chiffres de la robotique de service confirment une dynamique forte, tirée notamment par les pénuries de personnel et la recherche d’efficacité. (IFR International Federation of Robotics)
Les meilleurs déploiements en 2026 suivent un principe simple : le robot fait ce qui est chronophage, régulier, traçable, voire dangereux ; l’agent fait ce qui est ambivalent, relationnel, stratégique.
Cas d’usage en Europe :
Ce qui fait gagner :
Ce qui fait échouer :
Aujourd’hui, les sites sensibles font face à des défis très concrets, souvent cumulés :
Recrutement, fidélisation, montée en compétences (outils, procédures, gestion d’incidents).
En 2026, les acteurs qui performent ne seront pas ceux qui empilent des couches de matériel. Ce sera ceux qui construisent une chaîne complète :
Détecter → qualifier → décider → intervenir → prouver → améliorer.
Pour cela, les sociétés investissent et se tournent vers les outils 4.0. En effet, l’IA, les plateformes unifiées, la cybersécurité, les drones/anti-drones et les robots autonomes redéfinissent le métier de la sécurité privée et apportent un confort opérationnel pour les équipes : moins d’alertes inutiles, plus de maîtrise, de traçabilité, plus de sécurité et une sûreté augmentée.

CMO chez Running Brains Robotics